L’ADN environnemental

Premièrement, qu’est-ce que l’ADN? 

L’ADN, l’acide désoxyribonucléique, est le code génétique unique que les êtres vivants portent dans chacune de leurs cellules. N’oublions pas que les êtres vivants microscopiques, comme les bactéries, possèdent aussi un code génétique sous forme d’ADN. 

Un peu à la manière d’un livre, ce code renferme les recettes nécessaires à la production de protéines chez tous les êtres vivants. Étonnamment, ces centaines de recettes ne sont écrites qu’avec 4 lettres : A-T-C-G! Elles représentent respectivement l’adénine, la thymine, la cytosine et la guanine. On dénombre plusieurs milliers de lettres dans chacune des cellules des êtres vivants. Ce qui est primordial dans l’ADN, c’est l’ordre de ses lettres. Il varie d’un être vivant à l’autre et même d’un individu à l’autre. Lorsqu’on lit l’ADN, c’est-à-dire lorsqu’on décode l’ordre des lettres, on dit alors qu’on le séquence. C’est ce que nous ferons avec l’ADN environnemental.
 

Et l’ADN environnemental, c’est quoi?  

Maintenant que nous savons que l’ADN se trouve dans toutes les cellules de tous les êtres vivants, imaginons qu’un être vivant perd une cellule. Comment? Une plante perd une feuille, un humain se gratte et perd les cellules superficielles de sa peau, un animal perd ses poils, etc. Les organismes vivants déposent constamment du matériel génétique dans leur environnement! 
L’urine et les fèces sont aussi de riches sources d’ADN! Beurk...
Dans les environnements aquatiques, les organismes morts, en décomposition, libèrent une quantité phénoménale de matériel génétique! 

Donc, l’ADN environnemental (ADNe), ce sont ces cellules perdues (intactes ou non) que nous récupérons dans l’environnement. Scientifiquement, on dira que l’ADNe est du matériel génétique issu d’un échantillon environnemental (eau douce, eau salée, sédiments, houmous, fèces, etc.) dépourvu de signes clairs de présence biologique.

Pourquoi est-ce utile? 

Dans un contexte de changements climatiques, il est plus qu’impératif de bien connaître les écosystèmes qui nous entourent afin de pouvoir mieux les protéger. Pour mettre en place des stratégies et des actions pertinentes visant à protéger nos écosystèmes, nous nous devons de savoir quelles espèces les peuplent. L’ADNe permet aux chercheurs(ses) d’avoir une vue d’ensemble de la communauté d’êtres vivants qui habitent un écosystème particulier, et ainsi en déduire les liens trophiques ainsi que les espèces clés.